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Contactez-nousPar Ben Steiner
Lorsque Marielle Thompson (Whistler, BC) s’est connectée à la vidéoconférence, elle croyait qu’il s’agissait d’une nouvelle ronde d’entrevues avec les médias dans le cadre de la frénésie préolympique de Milano Cortina 2026.
Elle était loin de se douter que son compatriote Mikaël Kingsbury, skieur acrobatique et champion olympique, était également en ligne, alors qu’Eric Myles, chef du sport du Comité olympique canadien, et Jennifer Heil, chef de mission d’Équipe Canada pour les Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, ont nommé les deux athlètes comme porte-drapeaux du Canada en vue des JO.


« Ce fut une grande surprise, a confié Thompson peu après l’annonce. Le ski cross est encore un sport très jeune qui a été introduit aux Jeux olympiques de Vancouver 2010. Il n’y a donc pas eu beaucoup d’occasions pour quiconque dans notre discipline de porter le drapeau. Je prends cela comme une grande responsabilité d’être à la tête de notre équipe, et j’espère être en mesure de lui faire honneur, mais je ferai de mon mieux. »
Thompson devient ainsi la première athlète de Canada Alpin, depuis Ken Read à Lake Placid en 1980, et la première Britanno-Colombienne, depuis Karen Magnussen à Sapporo en 1972, à être choisie pour cet honneur. Elle se prépare à disputer ses quatrièmes Jeux et en quête d’une nouvelle place sur le podium après avoir récolté l’or à Sochi en 2014 et l’argent à Beijing en 2022.
Âgée de 33 ans, la skieuse compte 36 victoires en Coupe du monde et deux médailles olympiques, tandis que Kingsbury, originaire de Deux-Montagnes, au Québec, a récemment remporté sa 100e victoire en Coupe du monde de bosses et compte trois médailles olympiques.
Ensemble, les deux skieurs totalisent 136 victoires en Coupe du monde, 217 podiums en Coupe du monde, cinq médailles olympiques et 18 médailles aux Championnats du monde, les classant parmi les athlètes canadiens les plus dominants des 15 dernières années.


« Je n’étais pas du tout surprise en apprenant que Mik était l’autre porte-drapeau, a ajouté Thompson. Sa carrière est extraordinaire, et c’est un honneur de participer à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques à ses côtés. Nous avons le même âge et avons fait nos débuts en Coupe du monde à peu près au même moment. Nous nous connaissons donc depuis longtemps puisque nous avons participé à des compétitions d’envergure comme les Championnats du monde et les Jeux olympiques. »
De retour à la compétition après une blessure
Non seulement les deux athlètes ont un parcours similaire, mais ils participent tous deux aux Jeux alors qu’ils ont manqué les premières épreuves de la saison 2025-2026 de la Coupe du monde en raison d’une blessure.


Thompson a récemment décroché son premier podium en raflant la 3e place à Veysonnaz, en Suisse, après une absence de 11 mois en raison d’une troisième opération au genou, cette fois pour réparer une déchirure ligamentaire au péroné droit. Elle avait aussi subi une déchirure du ligament croisé antérieur 11 mois avant les Jeux de Beijing 2022.
Ayant subi une blessure à l’aine gauche, Kinsbury est revenu à la compétition en ne perdant aucun temps. Il a décroché sa 100e victoire en Coupe du monde devant son public à Val Saint-Côme, au Québec.
« Au plus fort de ma réadaptation au cours de l’été, l’avenir ne semblait pas très prometteur, alors je me suis concentrée sur la tâche à accomplir chaque jour, étape par étape, pour m’aider à arriver là où je suis aujourd’hui, a expliqué Thompson. C’était un peu pénible, car c’est un objectif ambitieux de remonter sur les planches après une blessure assez grave, mais je savais par expérience que j’étais capable de retrouver mon meilleur niveau. Le podium à Veysonnaz m’a vraiment redonné confiance, les astres sont peut-être alignés pour moi. »
Les deux athlètes auront donc l’honneur d’être les 27e et 28e porte-drapeaux du Canada aux Jeux olympiques d’hiver, Thompson étant le troisième athlète de Canada Alpin à assumer cette responsabilité.
Une cérémonie d’ouverture différente
En dépit de la vaste expérience olympique de Thompson à l’occasion de ses quatrièmes Jeux, Milano Cortina marquera la première fois qu’elle assiste à la cérémonie d’ouverture.
Comme l’épreuve de ski cross se tient sur une seule journée, contrairement aux nombreuses épreuves de la Coupe du monde, celle-ci a été déplacée au début du programme, ce qui permet à Thompson d’assister à la cérémonie d’ouverture, au lieu de la regarder à la télévision comme elle le fait depuis Vancouver 2010 alors qu’elle n’était qu’une jeune coureuse.
Même si Thompson a déjà pris part à des cérémonies de clôture avec d’autres athlètes d’Équipe Canada au cours de JO précédents, le spectacle d’ouverture des Jeux 2026 marquera son premier.
Cependant, les deux porte-drapeaux ne seront pas au stade San Siro, soit le célèbre stade de football des deux plus importants clubs italiens, l’AC Milan et l’Inter Milan. Ils défileront plutôt au Livigno Snow Park avec les 200 athlètes canadiens répartis dans six villages olympiques, sur une vaste superficie de 22 000 km2 dans le nord de l’Italie.
« Chacune de mes expériences olympiques a été très différente, a confié Thompson. Je prends les choses au jour le jour. Je vais juste essayer de tout apprécier, de profiter du moment présent, et c’est vraiment tout ce que je peux faire pour savourer pleinement l’expérience. »
La cérémonie d’ouverture aura lieu le 6 février dans les différents sites et sera diffusée en direct au Canada sur Radio-Canada et CBC Sports à compter de 14 h HE (11 h HP).
